Mang'Impressions : Chroniques de lectures de mangas

Pil, l’Angleterre en ligne de mire

Ecrit par David le 12 mai 2013
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PilPassionnée par la musique punk anglaise, Nanami cultive un esprit rebelle qui ne trouve pas sa place dans un lycée trop strict et rigide pour elle. Ses rêves d’Angleterre, où elle pense que sa personnalité pourra mieux s’exprimer, se heurtent à un quotidien qu’elle juge morne et monotone. Elle n’a pourtant pas le loisir de s’ennuyer avec Tokushirô, son grand-père fantasque et dépensier. Sa mère partie à l’étranger pour son travail de chanteuse, Nanami cohabite avec cet aïeul plein de bonnes intentions, mais incapable de s’empêcher de gaspiller, pour tout et n’importe quoi, le peu d’argent qu’il a à sa disposition.

Après l’excellent Thermae Romae, Casterman poursuit son exploration du travail de Mari Yamazaki avec l’unique volume de Pil. Succédant à Sakka, la collection Écritures nous offre ici un ouvrage de belle facture, mais assez éloigné du format manga classique (ne serait-ce que par son sens de lecture occidentalisé). Pil s’inscrit dans la lignée de son prédécesseur, et ce, même à l’époque moderne (les années 80 japonaises pour être précis), et même sans aller-retour spatio-temporel. Outre le trait fin et expressif de l’auteure, on y retrouve son goût pour les tranches de vie mâtinées d’humour et de figures aussi désopilantes qu’attachantes.

Effectivement, sa force, Pil la tire principalement du duo contrasté et complémentaire que forment ses personnages principaux. Qu’il s’agisse de l’impulsivité de Nanami, du panier percé qu’est son grand-père ou de leur manière respective de partir au quart de tour, leurs petits défauts sont ceux de tout un chacun. Ils les rendent humains et sympathiques. Comédie oblige, Mari Yamazaki force gentiment le trait pour nous amuser de leurs réactions face aux situations qu’ils vivent. Mais Nanami et son entourage ne sont pas uniquement des prétextes à la rigolade. Ils savent aussi nous attendrir, notamment par leurs hésitations, leurs disputes ou les bonnes intentions qu’ils peuvent avoir les uns pour les autres. Grâce à cela, au-delà du rire et du divertissement, les différents protagonistes confèrent à Pil une atmosphère positive et chaleureuse.

Si l’œuvre de Mari Yamazaki se montre aussi touchante, elle le doit aussi aux situations ordinaires qu’elle nous narre. En effet, il ne faut pas chercher d’enjeu important ou d’événement exceptionnel dans Pil, mais seulement des anecdotes du quotidien. Les différents chapitres du manga sont ainsi autant de tranches de vie qui permettent à Nanami et à Tokushirô d’évoluer et de se débattre pour faire les bons choix et trouver leur place. Bref, de vivre, tout simplement. Tout dans Pil respire l’authenticité et, comme le confirme la postface de l’auteure, sent le vécu. Nous n’avons donc aucun mal à nous prendre au jeu et à apprécier le petit morceau de quotidien qu’elle nous offre. Un quotidien banal certes, mais aussi, grâce à ses acteurs hauts en couleur et à leurs attitudes impayables, un peu fou et souvent propice au rire et à la dérision.

Après Thermae Romae, Pil confirme que Mari Yamazaki est une auteure à suivre. Relevé par des personnages touchants et amusants, ce récit de l’ordinaire constitue une lecture de choix et l’assurance de passer un très bon moment en compagnie de Nanami et de son grand-père.

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