Mang'Impressions : Chroniques de lectures de mangas

2012 : Le résumé d’une année de lectures de mangas

Comme le veut la tradition en fin d’année, l’heure est au bilan annuel sur Mang’Impressions. Pour la quatrième fois depuis la naissance du blog, c’est avec plaisir que je me suis prêté à cet exercice. J’espère que vous en aurez autant à le lire et à découvrir mon récapitulatif personnel de l’année ou, en d’autres termes, le regard d’un lecteur sur le manga en France en 2012, sans prétention, ni recherche d’exhaustivité. En raison de la raréfaction des chroniques sur Mang’Impressions, le bilan de cette année consacrera un petit mot à mes impressions sur les différents mangas évoqués et sera donc un peu plus étoffé qu’à l’accoutumée. Bonne lecture !

Ma sélection de l’année

Un clic sur la couverture vous permet d’accéder aux chroniques des titres dont j’ai parlé sur le blog.

Des nouveautés enthousiasmantes

7 Shakespeares Bonne Nuit Punpun I am a hero Ki-itchi VS Level E Piece Thermae Romae

Des valeurs toujours sûres

Séries à parution dite régulière (au moins 3 sorties en 2012)
Bakuon Rettô Happy ! Suicide Island XBlade
Séries à parution irrégulière
Bride Stories Dorohedoro Giga Tokyo Toybox Gunslinger Girl Hunter X Hunter Real Vinland Saga Yotsuba & !

Des fins inoubliables

Blessures Nocturnes C'était Nous My Girl Rainbow Shi Ki Soil

Des espoirs pour 2013

Bye bye, My Brother Chihayafuru Les Fleurs du Passé Kamakura Diary Master Keaton Silver Spoon Zéro pour l'éternité

Éditeur par éditeur

Les éditeurs apparaissent ici classés en fonction du nombre d’œuvres lues en 2012 (et départagés en fonction du nombre de titres espérés pour 2013) chez chacun d’eux.

Dans la liste des titres des éditeurs, ce que j’ai appelé « découverte » concerne les mangas sortis avant 2012, mais seulement lus cette année.

Kazé Manga

Nouveautés : Level E, 7 Shakespeares
Fins : My Girl, Rainbow, Shi Ki
Suites : Cloth Road, Gunslinger Girl, Suicide Island, World Embryo
Découvertes : Au temps de l’amour, Summer Wars
Abandon : Sprite

Kazé Manga

Grâce à un humour mordant, à des personnages forts en gueule et impertinents et à l’imagination débordante de son auteur, chaque volume de Level E m’aura offert un moment unique et hilarant. Assurément une des très bonnes surprises de l’année. De son côté, 7 Shakespeares prend son temps pour instaurer une ambiance mystérieuse et intrigante autour des origines de Shakespeare. Le titre bénéficie d’un contexte soigné et détaillé, ainsi que de protagonistes attachants et rendus ambigus par leurs multiples facettes. J’attends le prochain volume avec impatience.

En dehors de ces deux nouveautés fortes, l’année 2012 de Kazé Manga aura également été marquée par les conclusions de My Girl, Rainbow et Shi Ki. Des conclusions sans réelle fausse note, bien menées, touchantes pour les deux premiers, un peu dérangeante pour le troisième, pour ces trois titres qui m’auront plu de bout en bout, sans connaître de baisse de régime. Le temps (et de futures relectures) dira s’ils ont l’envergure de classiques indispensables, mais, à ce jour, c’est plutôt bien parti pour.

Partagé entre un graphisme audacieux et esthétique et une narration régulièrement confuse, Cloth Road alterne le bon et le moins bon. Néanmoins, je garde suffisamment d’intérêt pour le titre pour attendre sa conclusion, en espérant qu’elle fasse définitivement basculer la balance du bon côté. Pour la dernière ligne droite de Gunslinger Girl, ce sont deux volumes intenses et violents qui auront vu le jour en 2012. Le titre demeurant passionnant et éprouvant, c’est avec la crainte d’une issue funeste pour ses jeunes héroïnes que j’accueillerai son quinzième et dernier tome. Ces deux mangas s’achèveront en 2013 en France.

World Embryo, lui, continue sur sa bonne lancée. Néanmoins, l’espacement des sorties a tendance à éroder mon intérêt. Une relecture complète sera salutaire pour ce titre au scénario solide et complexe, qui approche peu à peu de son terme. Enfin, Suicide Island est autant un manuel de survie qu’un thriller redoutable. Dans tous les cas, c’est une réussite qui fait partie des valeurs sûres de mes lectures.

De manière générale, Kazé Manga apparaît comme un éditeur sérieux. Son catalogue est suffisamment large et varié pour m’offrir, occasionnellement, de quoi satisfaire mes envies de lectures. Espérons qu’il en sera de même l’année prochaine.

Kana

Nouveautés : Bonne Nuit Punpun, I am a hero, Piece
Suites : Bakuon Rettô, Hunter X Hunter, Real
Découvertes : La Cité Saturne, Histoires Courtes de Naoki Urasawa
Espoirs 2013 : Kamakura Diary, Master Keaton

Kana

Avec trois nouveautés d’ores et déjà incontournables à mes yeux, Kana aura été un des éditeurs phares de l’année. Tout a commencé pour le mieux avec, dès le mois de février, le retour d’Inio Asano. Avec Bonne Nuit Punpun, celui-ci nous offre une nouvelle chronique sociale plus vraie que nature. Toutefois, ce nouveau titre surprend et trouble par ses fulgurances graphiques qui, par un habile jeu de décalage, soulignent les petites anomalies de la vie de tous les jours. La peinture de la société est plus critique que jamais, mais la justesse des personnages et les émotions fortes qui jalonnent leurs parcours respectifs m’ont emporté comme rarement.

A bien des égards, la deuxième nouveauté de l’année chez Kana, I am a hero, est à rapprocher de Bonne Nuit Punpun. La différence tient simplement dans la manière de souligner les dysfonctionnements de la société. Dans ce manga, c’est autant le regard du personnage principal, légèrement autiste, qu’une épidémie, dont les victimes s’apparentent à des morts-vivants, qui sert de révélateur. Bouleversant une vie quotidienne bien rangée, celle-ci fait apparaître les nombreuses absurdités que l’on voit ou que l’on entretient chaque jour, sans même nous en apercevoir. En dehors de cet aspect, I am a hero est aussi un titre au suspense haletant. Il s’agit d’un de mes gros coups de cœur de l’année.

Enfin, Piece, nouveau manga de l’auteure de l’excellent Sablier, est une tranche de vie basée sur un groupe de jeunes adultes (ou de vieux adolescents) et sur leurs problèmes sentimentaux et personnels. Bénéficiant de personnages plutôt convaincants, le manga séduit, même si on peut regretter quelques excès. Néanmoins, c’est surtout le puzzle qu’il nous invite à résoudre qui rend le titre aussi unique que passionnant. Il lui donne un léger parfum de thriller et réussit à nous captiver lorsque différentes pièces, présentées en amont, s’emboîtent et prennent tout leur sens.

2012 a également vu Takashi, le héros de Bakuon Rettô, poursuivre son difficile parcours initiatique. Peu à peu, il s’approche de son terme et on peut espérer, avec une pointe d’angoisse tout de même, en voir le dénouement l’année prochaine. Avec deux volumes aussi tendus que passionnants, 2012 aura aussi été une bonne année pour Hunter X Hunter. Enfin, le tome annuel de Real nous a offert tout ce qu’on peut attendre de lui : un moment de lecture touchant, riche d’une large palette de sentiments et d’une jolie leçon de vie jamais moralisatrice. Ces trois mangas restent constants en qualité, et ce, pour mon plus grand bonheur.

Bref, en 2012 comme auparavant, la grande force de Kana reste indéniablement la qualité de son catalogue, notamment parmi ses titres un peu plus confidentiels. Très clairement, il s’agit de l’éditeur dont les choix éditoriaux me parlent le plus. 2013 s’annonce déjà sous les mêmes auspices avec, outre la suite des titres cités précédemment, les parutions de Kamakura Diary (le retour d’Akimi Yoshida, l’auteure de Banana Fish) et de Master Keaton (de Naoki Urasawa). Enfin, le suivi des différentes séries, notamment quand elles sont en panne de succès, et le maintien d’un rythme de sortie raisonnable sont appréciables.

Pika Edition

Nouveauté : Billy Bat
Suites : Maiwai, MPD Psycho, XBlade
Espoir 2013 : Chihayafuru

Pika Edition

Partagé entre de courtes tranches de vie émouvantes, de nombreux mystères et une intrigue à suspense, Billy Bat reste conforme aux dernières œuvres de Naoki Urasawa. Toutefois, je ne sais pas si cela provient du titre en lui-même ou d’une lassitude personnelle, mais, aussi prenant soit-il, j’ai tendance à le suivre en « pilotage automatique », sans réelle passion.

Cela reste néanmoins un bon manga, qui vient s’ajouter aux rares que je suis chez Pika Édition. En 2012, il a été accompagné de Maiwai, MPD Psycho et XBlade. Avec une seule sortie, le premier titre s’est fait beaucoup trop rare à mon goût. Je le regrette, car ce récit d’aventure exotique, léger et mouvementé est une vraie bouffée d’air frais. De son côté, MPD Psycho se poursuit à son rythme annuel. Toutefois, la flamme n’y est plus vraiment pour moi. En effet, la complexité de son scénario se marie mal avec un rythme de sortie aussi lent.

Enfin, XBlade continue sur sa très bonne lancée. J’apprécie autant son univers solide aux multiples zones d’ombre, que ses personnages attachants, son scénario en forme de quête de vérité ponctuée d’affrontements violents ou la qualité de son dessin, tour à tour expressif pour les personnages, puissant pour les scènes d’action et minutieux pour les arrière-plans. Le manga devrait s’achever en 2013 et j’ose espérer que Pika Édition enchaînera sur XBlade Cross, sa suite directe. Sans quoi, le lecteur resterait irrémédiablement sur sa faim (la fin de XBlade n’en étant pas du tout une).

Comme précédemment, l’année de Pika Édition est ternie par la manière dont l’éditeur se comporte vis à vis de ses titres méconnus. Couplé à un flot ininterrompu de nouvelles séries, cela n’en fait vraiment pas un bon éditeur à mes yeux. D’autant que son catalogue me parle finalement assez peu. Malgré tout, dans la masse, il parvient parfois à sortir un manga à mon goût. Lorsque cela arrive, il n’y a plus qu’à croiser les doigts pour que celui-ci se vende suffisamment, que son rythme de sortie reste satisfaisant ou, au minimum, qu’il évite le funeste sort de 7 Seeds.

Ki-oon

Nouveautés : Prophecy, Wolfsmund
Suites : Amanchu !, Le Berceau des Esprits, Bride Stories
Abandon : Wolfsmund

Ki-oon

En 2012, chez Ki-oon, je passe rapidement sur Wolfsmund, auquel je n’ai pas accroché, pour m’attarder sur Prophecy. Ce titre marque le retour d’un Tetsuya Tsutsui fidèle à lui-même. Il nous propose donc un nouveau thriller basé sur des faits de société. Passionnant, le titre convainc dès son premier volume, mais j’attends la suite afin de voir jusqu’où il va se hisser.

Malgré leur rythme de parution désormais très lent, Amanchu ! et Bride Stories sont deux tranches de vie rafraîchissantes que je me plais à retrouver à chaque fois. J’affiche une préférence marquée pour le second titre, autant pour son fil conducteur (discret, mais bien présent, d’autant que de sombres événements semblent se profiler), que pour l’enrichissement et l’exotisme qu’apporte son contexte, méconnu et soigneusement décrit. Enfin, Le Berceau des Esprits reste un divertissement solide, à l’intrigue bien menée et au jeu de manipulations et de faux-semblants diabolique et captivant.

Les années et les mangas publiés se succédant, il faut bien reconnaître que Ki-oon n’est vraiment pas un éditeur pour moi. Toutefois, certains de ses titres réussissent à me séduire et viennent à chaque fois me rappeler la grande qualité de fabrication des ouvrages qu’il propose.

Delcourt

Nouveauté : Ki-itchi VS
Fin : Un Drôle de Père
Suite : Puzzle
Découvertes : Syndrome 1866, Twinkle Stars
Espoir 2013 : Zéro pour l’éternité
Séries en cours sans sortie en 2012 : Les Mystères de Taisho, Nana, Sing « Yesterday » For Me

Delcourt / Akata

La nouveauté de l’année chez Delcourt (et Akata) est un retour qui fait plaisir : celui de Ki-itchi. Complexe et bien documenté, le scénario vise juste et frappe fort. Toujours aussi revendicatif, le titre interpelle grâce à l’utilisation d’une actualité récente. Il me tarde d’en découvrir la suite.

Si la lecture d’un Drôle de Père est restée agréable et divertissante jusqu’au bout, je dois bien reconnaître que sa conclusion m’a un peu déçu. Je n’ai rien à redire sur le parti pris (que certains pourront trouver discutable), mais je dois avouer que le dénouement m’a paru peu crédible. La faute à des personnages un brin superficiels et à une évolution psychologique mal amenée.

De son côté, Puzzle reste un titre de grande valeur, doté de personnages humains et subtilement brossés. Cependant, le ralentissement du rythme de sorties a un peu éteint la passion que j’avais pour lui. Cela ne m’empêchera pas de répondre présent en mars 2013, à l’occasion de la sortie simultanée des deux derniers tomes du manga.

Si l’année a été calme chez Delcourt de mon côté, cela n’altère pas l’excellente image que j’ai de cet éditeur. Il reste un de mes chouchous, quoique plus discret chez moi que par le passé. Le travail d’édition demeure sérieux et réfléchi, le catalogue cohérent et intéressant, et les ouvrages de qualité.

Sakka

Nouveauté : Thermae Romae
Fin : Blessures Nocturnes
Suite : L’Habitant de l’Infini
Espoir 2013 : Bye Bye, My Brother

Sakka

En 2012, Sakka m’a offert un énorme coup de cœur avec Thermae Romae. Les quiproquos provoqués non seulement par le grand écart entre deux civilisations aussi éloignées que la Rome Antique et le Japon moderne, mais aussi par son héros impayable, droit et obstiné en toutes circonstances, sont hilarants. Le titre se paye également le luxe de nous cultiver, autant sur l’art du bain japonais que sur la civilisation romaine. Pour ne rien gâcher, il monte en puissance au fil des tomes, notamment grâce à l’apport d’un fil conducteur de plus en plus présent et à l’allongement des séjours de Lucius au Japon.

Cette année, Sakka a également publié un dixième Blessures Nocturnes, aussi réaliste et poignant que ses prédécesseurs. Je profite avec regret de cette sortie pour saluer la mémoire du regretté Seiki Tsuchida, son dessinateur, disparu cette année. Il était aussi l’auteur du très beau Under The Same Moon (également publié chez Sakka).

Par ailleurs, 2012 a vu la publication de la suite de L’Habitant de l’Infini. Alors que le titre entame sa dernière ligne droite, je dois dire que l’enthousiasme des débuts n’y était pas vraiment cette année. J’espère que les derniers volumes sauront réveiller mon intérêt pour une œuvre qui m’a offert bien des émotions fortes par le passé.

En proposant des ouvrages de qualité et un catalogue différent, intelligent et plutôt varié, Sakka continue de faire partie de mes éditeurs favoris. L’année 2012 fut intéressante, j’en espère autant de 2013 (avec, notamment, Bye Bye, My Brother).

Kurokawa

Suites : Les Vacances de Jésus et Bouddha, Vinland Saga, Yotsuba & !
Espoir 2013 : Silver Spoon

Kurokawa

L’année 2012 de Kurokawa aura été plutôt tranquille avec la suite des trois mangas que je lis chez eux. Pour chacun d’eux, la qualité aura été au rendez-vous, faisant de chacune de leurs parutions l’assurance d’une lecture divertissante. Tout d’abord, les Vacances de Jésus & Bouddha s’améliorent petit à petit. Elles proposent un humour de plus en plus percutant, notamment grâce au comique de répétition et au fait que les personnages me sont de plus en plus familiers. Yotsuba, elle, poursuit son existence sous le signe de la bonne humeur et de l’insouciance. C’est toujours un bol d’air frais revigorant. Et indispensable en cas de coup de blues. Enfin, Vinland Saga, après plusieurs volumes de transition, place ses pions et amorce un avenir pour le moins agité. La tension monte et me rend très impatient de découvrir la suite. Malgré des sorties rares, il s’agit définitivement d’un des indispensables du moment.

Bref, si la majorité du catalogue de Kurokawa ne m’est pas vraiment destinée, je dois bien avouer que les quelques titres passés entre mes mains sont de franches réussites. Tout au plus déplorerais-je la non-publication de la suite de Genshiken, un de mes mangas préférés (et, dans une moindre mesure, celle de la suite de Kamiyadori). Dans tous les cas, c’est un éditeur sérieux, au catalogue cohérent et à la qualité de fabrication jamais mise en défaut. En 2013, je découvrirai avec joie la nouvelle œuvre de Hiromu Arakawa (Fullmetal Alchemist) : Silver Spoon.

Soleil Manga

Nouveauté : Mad World
Fins : C’était Nous, Mad World
Suite : Dorohedoro

Soleil Manga

Les années se suivent et se ressemblent pour Soleil Manga. L’éditeur continue d’œuvrer dans son créneau bien à lui et, malheureusement, il ne s’agit pas du tout du mien. Malgré tout, en 2012, j’ai suivi certaines de ses parutions avec intérêt. Pour commencer, je souligne la sortie de Mad World, une série de trois one-shots traitant du mal-être adolescent au travers de scénarios touchants et bien pensés.

L’année a aussi été marquée par la conclusion de C’était Nous. Très attendue, celle-ci ne déçoit pas. Difficile de ne pas être ému quand on constate le parcours des différents protagonistes tout au long de la série, surtout quand ceux-ci sont aussi justes et attachants que les héros de Yuuki Obata.

Avec deux volumes publiés en 2012, Dorohedoro reste un vrai bonheur. A mesure que son intrigue avance, son auteure nous donne de nouveaux indices pour élucider l’énigme de l’identité de Caïman. Le mystère, les nombreux rebondissements, les personnages tous un peu fêlés, l’humour et les dialogues percutants sont autant de raisons de se passionner pour ce titre ô combien original.

Tonkam

Fin : Genkaku Picasso
Suites : Hakaiju, Vagabond
Découverte : Hakaiju

Tonkam

Conclu cette année, Genkaku Picasso restera, malgré quelques beaux moments d’émotion, plutôt anecdotique à mes yeux. Peut-être en ira-t-il de même pour Hakaiju, un divertissement efficace et sans prétention, lorsqu’il s’achèvera à son tour. Pour l’heure, grâce aux coups de théâtre incessants et aux scènes de destruction spectaculaires, le titre se lit à toute allure et s’avère accrocheur. Enfin, Vagabond a connu une reprise plutôt difficile avec un tome 34 de transition. Une lecture agréable, mais loin du souffle épique et philosophique de ses prédécesseurs.

Glénat

Nouveauté : Btooom !
Fin : Naru Taru
Séries en cours sans sortie en 2012 : Berserk, Gunnm Last Order

Glénat

Éditeur historique, Glénat n’aura pas été très présent dans mes lectures de l’année. Le divertissement explosif proposé par Btooom !, même s’il se montre peu subtil, aura su me séduire, notamment grâce à des combats haletants et plutôt stratégiques. D’autre part, la conclusion de Naru Taru m’a un peu laissé sur ma faim. Le flou et les zones d’ombre demeurent, exigeant certainement une relecture complète et attentive, ainsi que bien des interprétations, pour être levés.

Doki-Doki

Nouveauté : Ethnicity 01
Fin : Ethnicity 01
Suite : Giga Tokyo Toybox
Découverte : Vamos la !

Doki-Doki

Malgré un récit mené tambour battant et un univers futuriste plutôt bien conçu, Ethnicity 01 ne restera pas longtemps dans les mémoires. Giga Tokyo Toybox, lui, reste un des meilleurs mangas du moment. Son incursion dans le monde du jeu vidéo et, plus généralement, dans celui du travail reste saisissante et passionnante. Je salue également la qualité constante du travail de Doki-Doki. C’est toujours un plaisir de lire un de leurs titres.

Panini Manga

Suites : Happy !, Sidooh
Série en cours sans sortie en 2012 : All Rounder Meguru

Panini Manga

Se poursuivant avec régularité, Happy ! est actuellement un des mangas (si ce n’est LE manga) dont j’attends la suite avec le plus d’impatience. Aussi drôle que passionnante, la quête sportive de Miyuki Umino ne déçoit pas et suscite un enthousiasme croissant de ma part. Si j’osais, je dirais même qu’il s’agit du meilleur titre d’Urasawa paru en France. Malgré les nombreuses embûches qui se dressent encore devant elle, le parcours de notre héroïne s’achèvera dans deux tomes, en 2013. De son côté, Sidooh se fait malheureusement beaucoup trop rare. Dans ces conditions, difficile de s’attacher à son histoire et à ses personnages. C’est dommage, car il s’agit d’un manga de qualité, qui mériterait un meilleur traitement (et davantage de lecteurs).

J’en termine avec Panini Manga avec un petit coup de gueule concernant All Rounder Meguru. Aucune parution en 2012, rien de prévu en 2013 pour le moment et aucune communication officielle sur le sujet : l’éditeur ne s’améliore pas dans la gestion de ses titres peu vendus, ni dans le respect de ses lecteurs. Quoi qu’il en soit, cela sent mauvais pour le nouveau titre de Hiroki Endo, alors que seuls trois volumes (de bonne facture, qui plus est) ont eu la chance d’être publiés en France. Même si c’est un peu le serpent qui se mord la queue, cela ne donne pas envie de s’intéresser aux autres mangas de l’éditeur (Psychic Detective Yakumo, Kimi no Knife).

IMHO

One-shots : Bambi 0, Palepoli

IMHO

Bambi 0 m’aura permis de retrouver, pour un tome supplémentaire, l’ambiance déjantée et violente du titre d’Atsushi Kaneko. De son côté, Palepoli apparaît comme le laboratoire d’Usamaru Furuya. Il s’agit d’une lecture originale et amusante, dans laquelle le mangaka se livre à divers jeux et expérimentations sur le graphisme et la composition de la planche.

Ankama

Fin : Soil

Ankama

Jusqu’au bout, Soil m’aura gratifié de son ambiance incroyable, entre fantastique, thriller et frissons, d’un scénario maîtrisé et d’une brochette de personnages bien barrés. Sa fin peu claire appelle une relecture, et c’est tant mieux. En effet, ce sera un plaisir de parcourir de nouveau les onze volumes de ce titre unique et savoureux.

Taïfu Comics

Fin : Kyoko Karasuma

Taïfu Comics

Étant donné son catalogue très spécialisé (yaoi, yuri), la conclusion de Kyoko Karasuma tire certainement un trait définitif sur la présence de Taïfu Comics dans mes lectures. Mais peut-être 2013 me donnera-t-elle l’occasion de m’attarder sur Ototo (Spice & Wolf, Samidare), la filiale plus généraliste de la maison mère de l’éditeur. En attendant, la jolie Kyoko nous aura quittés de manière un peu expéditive. Dommage, ce manga, si bien mené par le passé, méritait mieux.

Komikku Éditions

Espoir 2013 : Les Fleurs du Passé

Komikku Editions

Komikku Éditions est le petit dernier des éditeurs de mangas. Je pense avoir l’occasion de découvrir son travail en 2013, avec la publication des Fleurs du Passé.

Le mot de la fin

Vous l’avez constaté à la lecture de ce bilan : pour moi, 2012 fut une belle année de lectures de mangas. Parmi la masse de sorties, je n’ai eu aucun mal à trouver mon bonheur, que ce soit dans les nouveautés proposées par les éditeurs, dans les suites de séries en cours ou dans les quelques heureuses découvertes de titres plus anciens. Et je ne vois pas de raison pour qu’il en aille autrement l’année prochaine. Je regrette simplement l’essoufflement de certains titres historiques aux parutions plutôt rares. Oubli progressif dû à la lenteur de la publication ? Histoire qui tire trop en longueur ? Lassitude personnelle ? Je ne saurais le dire précisément, mais toujours est-il que certains d’entre eux ne soulèvent plus chez moi le même enthousiasme qu’autrefois.

Je n’oublie pas non plus les difficultés rencontrées par certains mangas en raison de leur manque de succès. Je croise donc égoïstement les doigts pour être épargné par ce problème l’année prochaine et pour que les séries que je suis qui souffrent d’une telle situation puissent revenir dans des conditions acceptables. A ma modeste échelle, le meilleur remède serait encore de reprendre une activité soutenue sur Mang’Impressions, ce qui me permettrait de parler de l’ensemble des titres que je soutiens et de les promouvoir.

Pour conclure, je vous souhaite à toutes et à tous de très bonnes fêtes d’année et, avec un peu d’avance, une très belle année 2013 !

3 commentaires

Gemini

Le 29 décembre 2012 à 17 h 25 min

Cette année, Pika confirme le mal que j’en pense – cela me fait hésiter à prendre Chihayafuru, que j’attendais impatiemment, par peur d’un traitement à la 7Seeds – et j’ai été déçu par Akata, ou du moins par le comportement parfois honteux de ses représentants ; ils ont notamment appelé aux boycotts des séries Kaze Manga, et reproché à Kurokawa de leur avoir soufflé Silver Spoon sous le nez alors qu’il correspondait parfaitement à leur politique éditoriale (même s’il s’agissait d’une auteur historiquement chez leur concurrent). Ce n’est pas joli, tout ça… Et puis, j’ai pour la première fois été très déçu par un de leurs shôjo, ça m’a refroidi.

La bonne surprise, par contre, c’est clairement Kaze Manga. Non seulement leur travail est impeccable, ils poursuivent même les séries difficiles, et ne se contentent pas des gros cartons japonais en continuant de proposer des titres moins attendus. Impeccable.

David

Le 30 décembre 2012 à 11 h 01 min

J’ignorais ces détails concernant Akata. De mon côté, j’en avais une image plutôt saine et positive (mais sans jamais avoir franchement approfondi la question, ni être au fait des « coulisses »).

Pour Kazé Manga, oui, c’est aussi une bonne surprise pour moi. Avec leur catalogue varié, n’excluant pas des titres plus difficiles ou confidentiels, ils me font penser à Kana (même si j’avoue préférer la qualité de fabrication et de finition des bouquins de chez Kazé Manga par rapport à ceux de Kana). Et, tout comme eux, ils poursuivent leurs titres peu populaires dans des conditions satisfaisantes.

Même si Cloth Road a connu une pause assez longue avant son neuvième volume, on reste à des lieues de Pika Edition ou Panini Manga, par exemple (je mets les deux dans le même panier et je suis toujours réticent à démarrer une collection chez eux). Et cela semble s’améliorer puisque le tome 10 est annoncé en mars.

La revue de presse du 17 décembre 2012 au 6 janvier 2013 | Club Shojo

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