Mang'Impressions : Chroniques de lectures de mangas

Suicide Island, Chasse, Pêche, Nature et Thriller

Ecrit par David le 12 octobre 2012
Suicide Island - Tome 4

Suicide Island – Tome 4

Mal dans sa peau et peu à l’aise en société, Sei n’en est pas à sa première tentative de suicide lorsque, après un nouveau passage à l’hôpital, il se réveille sur une île déserte. Il fait alors la connaissance de personnes qui se trouvent exactement dans le même cas que lui. Face à la coïncidence, tous arrivent à la conclusion qu’ils se trouvent sur « l’île du suicide », l’endroit où le Japon exile ceux qui, comme Sei, ont renoncé à leur devoir de vivre. Si certains conservent leur velléité d’en finir et la mettent en application, d’autres, au contraire, considèrent cette expérience comme un nouveau départ. Sous la houlette de Ryô, jeune homme au tempérament de meneur, Sei et ses compagnons d’infortune vont alors s’organiser pour survivre sur cette île.

La société japonaise va mal, c’est du moins ce que semble nous indiquer Suicide Island. Effectivement, comme d’autres avant lui, le titre de Kouji Mori place au cœur de son intrigue le malaise social, et notamment la manière dont le ressentent et le vivent actuellement les jeunes générations. Ainsi, pour une raison ou une autre, ses personnages ne trouvent plus leur place dans le monde actuel et souffrent de leurs relations avec les autres. Avec justesse et retenue, le mangaka dessine les maux qui les tourmentent à travers leur comportement sur l’île, leurs rapports au sein de la communauté ou les retours en arrière sur leur vie d’avant. Convaincants, les portraits traduisent subtilement l’évolution pas à pas des différentes figures fortes du récit.

Pour ces désespérés de la vie, l’île est synonyme d’une nouvelle existence, d’une libération même, loin de la pression et des contraintes de la société actuelle. Ainsi, beaucoup d’entre eux choisissent de considérer cette opportunité comme une seconde chance. Décidés à survivre, ils vont s’organiser en conséquence. Chaque membre de la petite communauté qui se forme va ainsi apporter sa pierre à l’édifice, participant selon ses qualités et ses compétences à la collecte de nourriture. S’attardant sur le quotidien des habitants de l’île, Kouji Mori détaille avec une précision qui confine au documentaire leurs différentes activités. Grâce à cela, nous sommes au plus près de la vie de la communauté, partageant les difficultés auxquelles elle est confrontée. Ce souci du détail confère un grand réalisme à Suicide Island et nous permet de nous immerger dans son intrigue, y compris lors de ses soubresauts les plus spectaculaires.

En effet, régulièrement bouleversée par le danger et l’imprévu, la vie de Sei et de ses compagnons n’est pas un long fleuve tranquille. Ainsi, s’il adopte généralement un rythme tranquille, fidèle aux jours qui s’égrènent sur l’île, l’auteur nous secoue ponctuellement par des coups de sang aussi soudains que violents, et d’autant plus par effet de contraste et de surprise. Dans ces moments, il accélère et dote son récit d’un suspense redoutable et d’une atmosphère angoissante. Il réussit également à nous faire ressentir l’imminence du danger et à nous faire frissonner pour le devenir de ses protagonistes. De plus, le mystère qui entoure l’île, son passé, son rôle ou certains de ses habitants donne envie d’en savoir plus et renforce le caractère addictif du manga.

Accrocheur, diablement prenant et doté de nombreux autres atouts, Suicide Island est un titre sans faille, notamment dans sa réalisation graphique. Au sortir du quatrième volume et de ses dernières pages haletantes, il est difficile de ne pas être impatient de découvrir la suite. Le cinquième tome du manga de Kouji Mori paraîtra le 3 janvier 2013 en France.

2 commentaires

Api

Le 13 octobre 2012 à 10 h 28 min

« Suicide Island est un titre sans faille, notamment dans sa réalisation graphique »
Ce qui m’avait le plus rébuté à la sortie du tome 1, c’était le graphisme et surtout cette impression que les personnage avaient simplement leurs cheveux posés sur leur tête. Est-ce que ça s’est amélioré avec les chapitres…?

David

Le 13 octobre 2012 à 12 h 47 min

Difficile à dire, car je n’ai pas eu la même impression que toi concernant les cheveux des personnages. De manière générale, le graphisme me satisfait et je n’ai rien à lui reprocher.

En termes d’évolution sur les quatre volumes parus en France, je dirais qu’il n’y a rien de significatif. L’auteur reste globalement constant. Donc, si quelque chose t’a gêné dans le premier volume, il y a des chances qu’il en soit de même dans le quatrième. Mais bon, si tu en as l’occasion, n’hésite pas à feuilleter le quatrième volume pour te faire ta propre opinion.

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