Mang'Impressions : Chroniques de lectures de mangas

Hakaiju, survivre à l’enfer parmi les monstres

Ecrit par David le 6 août 2012
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Hakaiju - Tome 5

Hakaiju – Tome 5

Depuis des années, Akira, un lycéen de Tokyo, est en rivalité avec son ami Eiji. Leur opposition concerne le domaine du sport, mais aussi et surtout l’amour, les deux jeunes hommes luttant pour les beaux yeux de leur amie d’enfance, Miku. Quand un séisme violent frappe le lycée d’Akira, cette petite querelle est immédiatement reléguée au rang de simple futilité. D’autant que ce séisme ne représente que le début de leurs malheurs et l’ouverture d’une porte vers un péril bien plus important…

Avec Hakaiju, Shingo Honda nous plonge dans l’horreur dans ce qu’elle peut avoir de plus monstrueux. Avec sa galerie de créatures hideuses et informes, qui ne font ni dans le détail, ni dans la distinction, quand il s’agit de tuer les humains qui leur sont proposés en tant que gibier, c’est le moins que l’on puisse dire. Dessinés avec un soin méticuleux, ces monstres et leurs sanglants méfaits font froid dans le dos. Ils sont bien mis en valeur par les planches sombres et détaillées du mangaka qui mettent dans l’ambiance.

Loin d’être uniquement graphique, l’horreur dans Hakaiju provient également du désespoir dans lequel le mangaka plonge ses personnages. En effet, non content de faire basculer soudainement leur quotidien tranquille dans la terreur la plus complète, Shingo Honda prend un malin plaisir à éteindre la moindre lueur d’espoir qui peut naître en eux. Ainsi, à peine esquissée, toute issue potentielle est rapidement barrée par des événements contraires. Il faut dire que les monstres sont partout. Ils traquent et acculent sans cesse Akira et ses compagnons d’infortune, ne leur laissant que peu de répit.

C’est justement de ce danger omniprésent, ainsi que des incessants retournements de situation qu’il entraîne, que le récit tire sa force. Alors que les péripéties et les rebondissements s’enchaînent, l’action, elle, ne faiblit que rarement. Et, lorsqu’elle le fait, c’est pour mieux nous prendre à revers. Le divertissement est donc assuré, de même que notre intérêt pour une intrigue prenante. Pour ne rien gâcher, le mystère qui entoure l’identité et l’origine des monstres réussit à titiller notre curiosité. Bref, il y a tout ce qu’il faut pour nous rendre impatient de découvrir la suite à chaque fois que l’on termine un tome du manga. En concluant chaque volume sur une fin à suspense, l’auteur ne fait d’ailleurs rien pour nous aider.

Malheureusement, tout n’est pas parfait pour Hakaiju. En effet, le titre de Shingo Honda souffre de personnages peu convaincants, qui lui font rater le sans-faute. Entre stéréotypes, exagérations et comportements extrêmes, les personnalités proposées s’avèrent peu subtiles. Elles ne sont pas aidées par le style de dessin du mangaka, qui, à mes yeux, participe à l’impression de voir des clichés ambulants évoluer sous nos yeux. Dans ces conditions, il est difficile de s’attacher et de s’identifier au casting de Hakaiju. Pire, ce défaut pénalise la crédibilité du récit et notre immersion au sein de celui-ci.

Toutefois, s’ils viennent quelque peu ternir le tableau, ces protagonistes trop caricaturaux n’empêchent pas Hakaiju d’être une série efficace et captivante. Il me tarde donc de lire le sixième volume du titre, attendu le 26 septembre en France, en espérant que ce bémol ne prenne pas le pas sur les autres qualités du manga de Shingo Honda.

2 commentaires

Rukawa

Le 7 août 2012 à 7 h 06 min

même si je ne connais pas ce manga, je poste juste pour te dire welcome back to the game !

David

Le 7 août 2012 à 8 h 29 min

Merci !

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