Une Longue Route

Une Longue Route
Le moins que l’on puisse dire, c’est que Michi et Sôsuke ne forment pas un couple comme les autres. De leur mariage, imposé par le père du second alors que tous deux ne se connaissaient même pas, à leur quotidien et à leur manière d’être l’un par rapport à l’autre, tout les rend aussi uniques qu’atypiques. Distraite et d’humeur égale, Michi a fort à faire face au caractère volage, distant et paresseux de son mari, qui ne prend même pas la peine de se cacher. Mais faut-il vraiment se limiter aux apparences pour se faire une opinion à propos de ce couple hors normes ?
Une Longue Route marque le retour de Fumiyo Kouno en France. Dans la lignée de Pour Sanpei et de Koko, ce volume unique présente des chapitres courts, qui s’attardent sur des épisodes du quotidien de personnages hauts en couleur. Vus par l’auteure, l’ordinaire et ses petits riens ont un je ne sais quoi de fantaisiste et d’amusant. Cela tient évidemment en ses protagonistes un brin décalés, ainsi qu’en quelques visions fantasmées et farfelues. Ces quelques écarts n’entachent pourtant pas le caractère réaliste de l’œuvre. A l’image des titres précédents de Kouno, celle-ci fait une nouvelle fois mouche grâce à ses personnages plus vrais que nature et à la foultitude de détails qui parsèment le décor du titre et lui donnent davantage de consistance.
Si Une Longue Route présente quelques seconds rôles, dont les interventions sont toujours l’occasion de moments drôles et savoureux, le titre se consacre avant tout à Michi, à Sôsuke et à leur vie commune. Au premier abord, les deux protagonistes suscitent la perplexité, tant ils sont éloignés de l’image qu’on peut se faire du couple idéal. Les sentiments ne semblent pas avoir leur mot à dire dans leur relation. Pire, prise au premier degré, l’attitude de Sôsuke à l’égard de son épouse peut révolter. Il faut évidemment garder à l’esprit que cette relation particulière sert les intérêts humoristiques du manga. Et cela fonctionne, tant le détachement de Michi ou les frasques de son mari amènent nombre de saynètes amusantes.
De plus, au fil des chapitres, à mesure que l’on apprend à connaître les deux personnages, on se rend compte que les apparences sont trompeuses et que les choses ne sont pas si simples que cela entre eux. Tous deux sont capables d’attentions l’un pour l’autre et, à l’instar du lecteur, s’attachent peu à peu. On se surprend ainsi à être ému devant des scènes mettant en scène les égards qu’ils peuvent avoir l’un pour l’autre. Enfin, on apprécie la présence discrète du passé de Michi et de Sôsuke, qui, par le vécu qu’il leur confère, leur donne encore plus d’épaisseur.
Un cran derrière Pour Sanpei, Une Longue Route n’en est pas moins une excellente lecture. Drôle et touchante, cette chronique du quotidien fait preuve d’une justesse indéniable et n’a donc aucun mal à emporter l’adhésion. Une nouvelle fois, Fumiyo Kouno prouve qu’elle est une auteure à suivre de près.
2 commentaires
Fei
Merci pour toutes ces critiques ^^
Je n’ai pas tout à fait fini de lire « Une longue route » mais j’aime beaucoup la douceur qui s’en dégage. Par contre, j’ai un peu (voire beaucoup) de mal à comprendre certains chapitres, je me demandais si j’étais la seule…
Les chapitres sans dialogues sont vraiment les meilleurs, notamment celui de l’eau qui reflète la vie idéalisée.
Ca reste à deux crans en-dessous de Sanpei pour ma part, les persos sont un peu moins attachants (normal) et les problèmes de compréhension gênent franchement ma lecture.
David
Merci pour le commentaire.
Je te suis entièrement dans ton avis, notamment sur les quelques chapitres difficiles à comprendre. Restant sur mon ressenti final, je n’en ai pas parlé (à tort ?), mais j’ai été dans le même cas à quelques reprises dans ma lecture d’Une Longue Route.
