Mang'Impressions : Chroniques de lectures de mangas

Bokurano – Tome 10

Ecrit par David le 5 février 2011
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Bokurano - Tome 10

Bokurano - Tome 10

Dans le dixième volume de Bokurano, Jun Ushiro et Yoko Machi, les deux derniers pilotes de Zearth, bénéficient d’un long répit avant l’apparition de leur prochain adversaire. Ils mettent ce temps à profit pour rendre visite aux familles de leurs camarades morts au combat. Dans le même temps, au cours d’une discussion instructive avec sa sœur, Truckifouette nous révèle les derniers secrets du « jeu » auquel la Terre participe bien malgré elle.

Aucun doute possible à la lecture du dixième tome de Bokurano : le titre est bel et bien dans sa dernière ligne droite. Ce volume exhale un tel parfum de dénouement que cela apparaît comme une évidence, y compris pour ceux qui ignoreraient qu’il s’agit de leur avant-dernier rendez-vous avec la série. En effet, ce passage en revue des personnages, par l’intermédiaire de l’exposition de la vie de leurs familles respectives depuis leurs disparitions, ressemble fort à un résumé et à un bilan des épisodes précédents du manga. De plus, l’absence de combat de Zearth, ainsi que le répit qu’elle offre à nos deux derniers héros, s’apparente au calme avant la tempête, à une préparation avant un final qui s’annonce évidemment plus agité. Autre illustration d’une conclusion qui approche à grands pas, le scénario s’éclaircit ici pour de bon avec les discussions faisant intervenir Truckifouette. Tout n’est pas forcément explicite, mais j’ai le sentiment que l’auteur n’ira pas plus loin dans ses révélations. Ce n’est pas là que réside le cœur de son œuvre et, les personnages eux-mêmes ignorant une grande partie des raisons de leur combat, on voit mal comment on pourrait en apprendre plus. Dans ce domaine, il faut certainement s’attendre à une fin ouverte, sujette à interprétation, et ce ne sera pas plus mal.

Effectivement, Mohiro Kitoh n’a jamais caché que le cœur de Bokurano se situait plutôt du côté des protagonistes, dont on a découvert, tour à tour, les vies aussi tragiques qu’ordinaires. Ce nouveau volume en est une illustration d’autant plus flagrante qu’il est dénué de tout affrontement. N’en faisant jamais trop, et adoptant un regard plutôt neutre et distant, le mangaka est à l’aise dans le registre de la tranche de vie. Sans faux-semblant, ni exagération, il nous plonge au centre d’existences, tantôt simples et banales, tantôt plus dramatiques, mais toujours extrêmement parlantes. Il accorde une grande importance au quotidien et à ses moindres détails et, ce faisant, réussit à nous faire partager la vie et les sentiments de ses personnages, et à nous toucher. C’est encore plus vrai dans ce volume qui s’avère très riche et chargé en émotion. Tant de mélancolie pourrait rendre la lecture difficile, et c’est parfois le cas, mais Mohiro Kitoh contrebalance cela grâce au courage et à la volonté des différents protagonistes qu’il met ici en avant.

Enfin, l’avant-dernier volume prend également le temps d’épaissir les deux derniers pilotes de Zearth, bien plus que ne l’avaient été les autres personnages du manga. Au fil de leur périple, on s’attache à Ushiro et à Machi, ainsi qu’aux sentiments qui apparaissent petit à petit entre eux. C’est logique, mais aussi cruel, tant le destin qui leur semble promis apparaît tragique et inéluctable.

Calme et propice à l’émotion, ce volume apparaît donc comme un condensé de Bokurano, face auquel il est de nouveau difficile de rester indifférent. Fidèle au reste de la série, il l’est jusque dans ses surprenantes dernières pages, qui contrastent avec ce qui a précédé et viennent nous rappeler toute la cruauté du titre. Le peu que l’on pensait acquis se trouve bouleversé et rend le dénouement encore plus imprévisible qu’il ne l’était déjà. Posé et réfléchi, le manga de Mohiro Kitoh confirme toute sa qualité et me rend aussi impatient que curieux de découvrir sa conclusion.

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