Mang'Impressions : Chroniques de lectures de mangas

Rainbow – Tome 16

Ecrit par David le 20 janvier 2011
Rainbow - Tome 16

Rainbow - Tome 16

Une fois n’est pas coutume, les six héros de Rainbow semblent trouver un peu de stabilité et de tranquillité dans leurs vies respectives. S’ils connaissent un répit bienvenu après toutes les difficultés rencontrées, ce n’est pas pour autant que le seizième volume du manga sera de tout repos pour eux. Effectivement, cette fois-ci, c’est une de leurs vieilles connaissances qui rencontre de sérieux problèmes. Suivant les enseignements de Anchan, les ex-détenus de la maison de redressement Shônan ne vont pas ignorer la souffrance de leur amie et vont tout mettre en œuvre pour lui venir en aide.

Si l’acharnement du scénariste à tourmenter ses héros est un peu gros, de même que l’omniprésence de bons sentiments, je dois avouer que je suis incapable de considérer ces différents éléments comme des défauts de Rainbow. Au contraire, ils en sont le moteur et contribuent à nous accrocher au récit concocté par George Abe. De plus, les tempêtes traversées, qui s’enchaînent sans réelle accalmie durable, ne font jamais sombrer le titre dans le pessimisme ou le misérabilisme. Cela, il le doit principalement à ses personnages, dont les efforts et la générosité invitent au courage et à l’obstination pour faire face à des éléments contraires. Les liens qui les unissent et qu’ils construisent avec leurs proches donnent également beaucoup de chaleur au manga. En cela, il apparaît presque comme une leçon de vie, d’autant plus éloquente que les personnages sont justes et le décor réaliste.

En effet, à l’image des volumes précédents, le tome 16 de Rainbow constitue une nouvelle plongée dans le Japon de l’après-guerre. Décrivant la société d’alors, ses coulisses et ses bas-fonds, George Abe met ici en avant un nouveau pan de celle-ci. Une nouvelle fois, le tableau est loin d’être reluisant. Il profite d’un souci du détail constant et de la caution réaliste apportée par les interventions du scénariste pour prendre du corps. Le dessin de Masasumi Kakizuki participe également à la crédibilité de l’ensemble. Riche, précis et toujours limpide malgré des planches sombres et chargées, son trait reste toujours aussi confondant et instaure une ambiance saisissante.

Le dessinateur réussit également à donner vie aux protagonistes et à représenter leurs émotions. C’est essentiel, et d’autant plus dans un volume comme celui-ci où la romance occupe une place de choix. Celle-ci bénéficie principalement du personnage de Ruriko, nouvelle tête parmi nos héros, pour s’exprimer. Têtue et déterminée, cette dernière ne dépareille pas des six ex-détenus et son caractère fort lui donne beaucoup de charme. C’est tout naturellement que l’on s’attache à elle, ce qui contribue à la réussite de ce tome qui la met particulièrement en avant. Dans ces conditions, on ne manque pas de s’inquiéter pour son devenir lorsqu’elle s’entête à aller au devant du danger.

Pour cela, et parce qu’on a envie de voir comment nos héros vont se tirer de ce nouveau mauvais pas, Rainbow demeure toujours aussi captivant. Évidemment très attendu, le volume 17 du manga paraîtra en France le 14 avril 2011.

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