Mang'Impressions : Chroniques de lectures de mangas

Berserk – Tome 33

Ecrit par David le 31 janvier 2011
Berserk - Tome 33

Berserk - Tome 33

Un an et demi après la sortie du tome précédent, Berserk fait son retour en France avec ce volume 33. Malgré l’attente, c’est sans difficulté que l’on replonge dans le récit et que l’on reprend nos marques. Le fait que l’histoire se trouve dans une phase de transition, située à cheval sur le présent opus et sur son prédécesseur, aide assurément beaucoup. Tout comme la présence bienvenue d’un résumé et d’un récapitulatif des personnages qui permet une reprise en douceur.

La première partie de ce nouveau volume de Berserk s’attarde sur Guts et ses compagnons. Ces derniers profitent de leur voyage en bateau vers Elf Helm pour se reposer et se remettre de leurs combats récents. L’heure est donc au calme et à la tranquillité, et les quelques rebondissements qui surviennent sont de l’ordre de l’anecdotique. Dans ce contexte, Kentaro Miura prend le temps de développer ses personnages et les sentiments qui les animent.

Si le répit est bienvenu et permet de souffler entre deux combats, l’intérêt de ce passage reste limité. Certes, le ton plutôt léger et les interventions régulières de personnages à tendance comique peuvent faire sourire et assurent un divertissement efficace. Mais est-ce cela que l’on attend de Berserk ? Pour le lecteur, il est légitime de ressentir de la frustration face à une telle entrée en matière, surtout après une attente de plus d’un an. Effectivement, presque une moitié du volume est consacrée à cet épisode dans lequel il ne se passe pas grand chose. De plus, le mangaka ne convainc pas vraiment dans le registre de la romance auquel il s’essaye avec insistance ici.

Heureusement, la deuxième partie du tome change radicalement la donne et montre le manga sous son meilleur jour. Celle-ci se consacre aux préparatifs avant le nouvel affrontement entre Griffith et Ganishka, l’empereur des Kushans. Alors que le premier fait route avec sa troupe vers le lieu de la bataille, son ennemi tente le tout pour le tout et connaît une transformation extraordinaire. Petit à petit, les prophéties qui apparaissent en rêve à la population prennent corps et tout se met en place pour un combat dantesque, dont on pressent et espère qu’il sera à la hauteur des meilleurs passages de Berserk. Annoncés de longue date, les événements qui se déroulent sous nos yeux s’apprécient aussi pour cette raison et pour la maîtrise du scénario dont ils témoignent. D’autant qu’on ne se rend compte qu’après coup que tout se déroule conformément aux prévisions, ce qui occasionne et augure bien des surprises.

Point d’orgue de la seconde moitié du tome, la métamorphose de Ganishka permet à Kentaro Miura de se surpasser et de nous en mettre plein la vue. Pour l’occasion, il crée une abomination démesurée, tant par la taille que par la monstruosité, qui va bien au-delà de tout ce qu’il a pu dessiner par le passé. Servi par une mise en scène et un trait remarquables, le gigantisme de la créature laisse sans voix et profite d’une succession de planches, aussi sublimes qu’impressionnantes et vertigineuses, pour marquer profondément les esprits. C’est une entrée en matière brillante pour cette entité dont on ressent bien la nature unique et profondément maléfique, y compris dans le cadre de Berserk, pourtant déjà bien pourvu en matière de démons en tous genres. C’est aussi la promesse d’un combat qu’on ne peut qu’attendre avec impatience. Au vu de son ampleur, on se demande d’ailleurs par quelle prouesse Griffith se montrera à la hauteur des prophéties et des attentes du peuple concernant sa victoire et son avènement.

Parallèlement à cette apparition, le tome 33 de Berserk entretient le dilemme du lecteur concernant le personnage de Griffith. Ses adorateurs, ainsi que l’ennemi malfaisant auquel il s’oppose, le font de nouveau apparaître comme un sauveur, empreint de bonnes intentions. Mais faut-il croire à sa sincérité ou cela n’est-il qu’une façade ? Effectivement, il est difficile pour le lecteur d’oublier les horreurs que celui-ci a commises pour en arriver là où il est. A l’image de Guts, ces images effroyables hanteront longtemps son esprit. C’est certainement cette dualité de Griffith qui amènera tout le sel de la confrontation qui ne manquera pas de survenir entre les deux personnages. Surtout que l’un pourrait entre-temps devenir bien plus qu’un héros pour le peuple, pendant que l’autre, sous l’effet de son armure maléfique, semble plus enclin à se rapprocher du côté obscur.

Finalement, ce trente-troisième volume remplit son rôle de transition avec un talent certain. Passés les atermoiements amoureux du « harem » de Guts, Miura se livre en effet à un véritable tour de force avec l’introduction d’une créature qui dépasse les limites de la raison. Un tel avant-goût annonce un combat épique et sauvage qu’il me tarde de découvrir. Le tome 34 de Berserk sortira au mois d’avril en France. Seulement trois mois à attendre avant de profiter, peut-être, du titre dans tout ce qu’il a de meilleur…

1 commentaire

Edwoodette

Le 26 février 2011 à 18 h 26 min

Je te trouve un peu dur avec le « harem » de Guts!^^ Je comprends que la longue attente puisse rendre la première moitié du tome un peu frustrante à cause de son manque d’action et d’événements « majeurs », mais il me semble que tous ces développements sont nécessaires, et, personnellement, ils sont loin de me déranger. Au contraire, il me semble qu’après tous les combats successifs à Vritannis, cette petite pause est la bienvenue et permet de faire le point sur l’état d’esprit et les rapports (plus complexes qu’il n’y paraît) entre tous ces personnages, et n’augure que du bon pour les développements ultérieurs. De plus, avec Berserk, on sait que les périodes sereines ne le restent jamais bien longtemps, alors profitons-en tant que ça dure…

Enfin, si tu as aimé la deuxième partie sur Griffith et Ganishka, alors je peux d’ores et déjà te promettre que tu vas adorer le tome 34… Il marque une étape cruciale dans le manga et, aussi bien au niveau du scénario que du dessin, il est à couper le souffle!

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