Mang'Impressions : Chroniques de lectures de mangas

Fate Stay Night – Tome 5

Ecrit par David le 4 juillet 2010
Fate Stay Night - Tome 5

Fate Stay Night - Tome 5

Comme on pouvait le pressentir, maintenant que les différents servants sont apparus, Fate Stay Night en a fini avec sa longue et fastidieuse mise en place. Avec ce cinquième volume, les choses sérieuses commencent donc et le récit gagne en intensité et en intérêt. Alors que leur confrontation devient inéluctable, les personnages de Shirô Emiya et de Shinji Matô s’épaississent, le premier grâce au dilemme qui vient contrarier son fantasme du justicier, et le second, acculé par sa vaine quête de pouvoir et la jalousie qu’il éprouve vis à vis de notre héros, et viennent pimenter les événements qui se déroulent sous nos yeux.

Toutefois, Fate Stay Night reste entaché des deux gros défauts qui le suivent depuis ses débuts. Visages ratés, postures peu convaincantes, proportions suspectes… Le dessin de Dat Nishiwaki ne s’améliore pas et flirte souvent avec l’amateurisme. Les jolis designs originaux de Type-Moon en pâtissent autant que les personnages perdent de leur aura. Si l’on peut passer outre les limites de son graphisme, notamment car le style reste agréable, la deuxième faiblesse du manga, elle, le pénalise autrement plus sérieusement. Je ne saurais dire si le souci provient du texte original ou d’une traduction défaillante (même si je penche plutôt pour la seconde option), mais le titre souffre toujours de dialogues incompréhensibles, essentiellement dans les longues phases explicatives. Censés éclaircir le scénario, ces passages deviennent vite un calvaire, dans lequel il faut se débrouiller pour comprendre ce que les personnages se disent vraiment. Difficile, dans ces conditions, de saisir tous les détails de l’histoire de Fate Stay Night, ce qui gâche l’immersion du lecteur, et tout simplement sa lecture.

C’est dommage car, hormis ces deux problèmes, Fate Stay Night assure un divertissement convenable et réalisé avec sérieux, à défaut de talent. Si les personnages attachants et le scénario prenant et mystérieux réussissent à capter toute l’attention du lecteur, il faut garder à l’esprit que ces qualités proviennent directement de l’œuvre originale de Type-Moon. L’apport d’un auteur aussi limité que Dat Nishiwaki se révèle donc nul et laisse au lecteur tout le loisir d’imaginer ce que Fate Stay Night aurait pu donner entre les mains d’un mangaka plus doué.

De plus, depuis peu, le manga pâtit également de la concurrence de la série animée, éditée par Kazé. Celle-ci ne souffre ni de son graphisme, ni de sa traduction (au moins pour ce qui concerne la version originale sous-titrée) et s’avère bien plus recommandable que le travail de Dat Nishiwaki. Bref, si le manga plaira aux inconditionnels de Type-Moon et de Fate Stay Night (qui pourront y découvrir une variante du scénario), les autres, eux, peuvent passer leur chemin sans hésiter.

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