Mang'Impressions : Chroniques de lectures de mangas

Rainbow – Tomes 1 à 6 : Survivre dans le Japon de l’après-guerre

Rainbow - Tome 6

Rainbow - Tome 6

Après une première publication stoppée nette par la disparition de SEEBD, son éditeur (via le label Kabuto), Rainbow fait son retour chez Kazé Manga. Reprenant la parution depuis le début, l’éditeur sort les volumes du manga mensuellement, par paquet de trois, afin de raccourcir au maximum l’attente des lecteurs laissés pour compte. Sur un titre moyen, un rythme de publication aussi soutenu pourrait lasser et mettre en évidence d’éventuels limites et défauts. Fort heureusement, ce n’est pas le cas de Rainbow.

Le titre nous narre l’histoire de sept jeunes, qui se rencontrent en maison de redressement, dans le Japon de l’après-guerre. Peu gâtés par la vie et souffrant de leurs conditions de détention, les protagonistes ont en plus le malheur de croiser la route de deux personnages détestables. Autorités dans la maison de redressement, ceux-ci abusent de leur pouvoir et vont mener la vie dure à nos héros. Quand le quotidien passe du cauchemar au calvaire, cela aboutit à un récit éprouvant, mais franchement passionnant, tant on a envie de voir les personnages s’en sortir. Respirant la fougue de la jeunesse et des rêves plein la tête, tous les sept décident de se serrer les coudes et se lient peu à peu d’une amitié inébranlable, qui se poursuit même au-delà des murs de leur centre de détention. Pourront-ils un jour aspirer durablement à des lendemains radieux et insouciants ?

Venant compléter le palpitant scénario de George Abe, le trait de Masasumi Kakizaki se montre à la hauteur de la tâche. Il joue à merveille sur les ombres et les teintes sombres, grâce à un travail remarquable sur les hachures. Parfaitement illustrés, les décors contribuent à nous plonger dans l’atmosphère instaurée par le récit. De leur côté, les personnages sont expressifs et leurs traits de visage caractéristiques viennent appuyer leurs caractères respectifs. Le travail de caricaturiste du dessinateur est exemplaire, donnant vie aux héros comme aux quelques psychopathes (dont la folie déborde littéralement des pages du manga), tout en les intégrant au cadre réaliste du manga.

Outre les qualités sus-citées, Rainbow se distingue par la présence forte d’un narrateur extérieur à l’intrigue. Celui-ci nous gratifie de fréquentes interventions qui glorifient l’amitié, l’entraide et le don de soi au bénéfice de ses proches. C’est parfois touchant, parfois un peu trop caricatural, mais jamais ces monologues ne se montrent essentiels ou incontournables, le récit se suffisant toujours à lui-même. Toutefois, par ses propos, le narrateur, que l’on identifie rapidement comme étant le scénariste lui-même, donne un cachet particulier au titre. En effet, George Abe avoue s’être partiellement inspiré de sa propre vie pour écrire son scénario. Grâce à cela, Rainbow bénéficie d’une caution réaliste et interpelle d’autant plus.

En 6 volumes, Rainbow s’impose déjà clairement comme un titre de tout premier choix. L’oeuvre se révélant captivante, on enchaîne les volumes, totalement subjugué par les déboires et la volonté de ses sept héros. Le rythme de publication rapide adopté se montre ici plus qu’appréciable et nous fait avancer à grands pas dans l’intrigue. Il va sans dire que j’attends la suite avec impatience. La prochaine salve de sorties de Rainbow, prévue pour le 29 avril, comptera une nouvelle fois 3 tomes.

1 commentaire

Seb

Le 28 mars 2010 à 21 h 05 min

Facebook nous donne de mauvaises habitudes : je voulais cliquer sur « J’aime ça » ! ^^

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