Retour sur mes récentes découvertes de mangas

En dehors du flux des nouveautés, j’ai découvert ces derniers jours 3 mangas plus anciens. Que ce soit Lorsque Nous Vivions Ensemble, La Forêt de Miyori ou Goyô, il s’agit de titres qui ne manquent pas de personnalité. Difficile, donc, d’y rester indifférent. C’est pourquoi je tenais à revenir dessus afin de partager mes impressions sur ces 3 oeuvres.
Lorsque Nous Vivions Ensemble

Lorsque Nous Vivions Ensemble - Tome 1
Lorsque Nous Vivions Ensemble nous plonge dans le quotidien d’un couple de jeunes adultes, habitant sous le même toit sans être marié, dans le Tokyo des années 70. Signée Kazuo Kamimura, cette oeuvre, culte au Japon, nous est proposée par Kana dans sa collection Sensei, en 3 gros volumes d’environ 700 pages.
Gros fan de titres situés dans le même registre, tels que Sing « Yesterday » For Me ou Solanin, j’étais une cible idéale pour Lorsque Nous Vivions Ensemble. Pourtant, malgré une lecture divertissante (on ne voit pas passer les 700 pages de chaque tome, ce qui n’était pas gagné d’avance), le manga n’est pas parvenu à m’enthousiasmer, ni à me toucher. La faute principalement aux personnages, que j’ai eu beaucoup de mal à cerner. Leurs caractères et leurs réactions me sont ainsi restés étrangers tout au long de la lecture, m’empêchant de m’attacher et de m’identifier à eux et entravant toute implication émotionnelle de ma part. Les décors, pauvres dès lors qu’ils sortent de l’ordinaire (l’hôpital, entre autres), et la narration, gâchée par certains effets de style un peu pesants, ont également contrarié mon immersion dans le récit. J’attends de lire le troisième et dernier volume, et de relire l’ensemble de la série, pour confirmer ou non mes impressions sur Lorsque Nous Vivions Ensemble.
La Forêt de Miyori

La Forêt de Miyori - Tome 1
Suite à la séparation de ses parents, Miyori, jeune adolescente de 11 ans, s’installe chez ses grands-parents dans le petit village de Komori. Rapidement, elle découvre que la forêt environnante est peuplée d’une ribambelle de créatures fantastiques, qu’elle seule (ou presque) est capable de voir. Lorsqu’elle était plus jeune, ces esprits de la nature lui avaient confié le rôle de gardienne de la forêt.
En 3 tomes, Hideji Oda nous livre un récit aux multiples facettes et thématiques, qui sont autant de centres d’intérêt pour le lecteur. La Forêt de Miyori est ainsi à la fois un récit fantastique basé sur le folklore japonais, une chronique de l’adolescence, une fable écologique et une tranche de vie en forme d’invitation à une existence plus simple et respectueuse de la nature. Le point le plus remarquable de l’oeuvre est certainement l’atmosphère chaleureuse et conviviale que nous offrent les protagonistes, grâce aux liens qui se nouent entre eux et à leurs activités collectives. J’ai aussi particulièrement apprécié le personnage de Miyori, que l’on voit mûrir, s’affirmer peu à peu et lutter contre la relation d’attraction-répulsion qui la lie à sa mère. Oeuvre complète, cohérente et artistiquement très réussie, La Forêt de Miyori se lit et se relit à l’envie, sans lassitude, et revigore par la bonne humeur et les émotions qu’elle véhicule.
Goyô

Goyô - Tome 1
Goyô s’attache au quotidien de Masanosuke, un samourai sans maître. Désoeuvré et inhibé par un manque de confiance en lui, notre homme est à la recherche d’un travail afin de subvenir aux besoins de sa famille. Suite à une rencontre fortuite, il se rapproche des Goyô, un groupe de personnes vivant des enlèvements qu’ils effectuent et des rançons qu’ils en tirent.
Goyô est un titre des plus surprenants. Alors qu’on aurait pu s’attendre à un manga d’action classique avec ses joutes spectaculaires entre samouraïs et ses nombreux rebondissements, l’oeuvre s’avère calme et tranquille, nous décrivant le quotidien très ordinaire de ses différents personnages. Pour le moment (j’en suis à 3 volumes lus), il n’y a pratiquement pas de combats. De plus, les enlèvements perpétrés par les Goyô se déroulent sans difficulté majeure et restent au second plan. L’auteure, Natsume Ono, préfère mettre en avant ses différents personnages. Elle nous met dans la peau de Masanosuke, qui, fasciné par ses nouveaux compagnons, cherche à en savoir plus à leur propos, et fait de sa curiosité le principal moteur du récit. Les différentes histoires sont ainsi l’occasion de détailler le passé et les motivations de chaque membre des Goyô.
De par son contenu, Goyô se base essentiellement sur ses personnages. Fort heureusement, ceux-ci sont extrêmement sympathiques. Tous disposent de plusieurs facettes qui les rendent complexes, humains et intéressants. Même Masanosuke, anti-héros par excellence, se distingue par sa franchise maladroite et sa timidité. Sa curiosité devient vite la notre et rend le récit accrocheur. En outre, la mangaka met progressivement en place un fil conducteur qui annonce des lendemains plus compliqués pour nos personnages. Faussement maladroit, le dessin est plaisant et séduit par son originalité. Seul léger bémol : quelques cases peu claires, notamment dans les rares scènes d’action, perturbent la fluidité de la lecture. En dehors de cela, Goyô est une réussite que je vous invite à découvrir.
