Mang'Impressions : Chroniques de lectures de mangas

Heureuses découvertes de Noël

Achats d’impulsion ou cadeaux reçus, voici d’excellentes lectures que j’ai effectuées ces derniers jours.

Papa Told Me

Papa Told Me - Tome 1

Papa Told Me - Tome 1

Papa Told Me nous invite à suivre les observations d’une enfant sur sa vie et sur les personnes qui l’entourent. Ecrit et dessiné par Nanae Haruno, le titre nous est proposé par Kana sous la forme d’une anthologie de 3 gros volumes de plus 400 pages, compilant ses meilleurs chapitres.

Simples, tendres et touchantes, les histoires de Papa Told Me sont résolument placées sous le signe du quotidien. Grâce aux réflexions naïves et vierges d’idées préconçues de la jeune héroïne, c’est avec un regard neuf que l’on observe les vies des différents personnages secondaires, et que l’on s’étonne et remet en question certains préjugés bien ancrés en nous. Son imagination fertile amène une touche de fantaisie à l’ensemble. Chaque tranche de vie est l’occasion d’aborder une thématique spécifique. L’émotion est également présente, notamment dans les chapitres qui évoquent la mère du personnage central. Le dessin épuré et agréable et les personnages sympathiques font de Papa Told Me une jolie réussite.

All My Darling Daughters

All My Darling Daughters

All My Darling Daughters

Le quotidien d’une mère et de sa fille de 30 ans est l’occasion de tranches de vie consacrées à différents personnages qui les entourent. On apprécie les portraits de ces protagonistes qui, en quelques pages, semblent prendre vie sous nos yeux. Chaque chapitre est l’occasion d’aborder des sujets tels que les relations parent-enfant, l’amour ou les espoirs de l’adolescence. Fumi Yoshinaga se révèle être une fine observatrice de la vie de tous les jours. Les réflexions qu’elle prête à ses personnages parviennent ainsi à trouver un écho en nous et à faire réfléchir sur des sujets tout simples.

Entre humour et émotion, All My Darling Daughters séduit grâce à ses personnages attachants, à son dessin charmant et à ses répliques bien senties. Il s’agit d’une histoire complète en un volume éditée par Sakka.

Tôkyô Girls Bravo

Tôkyô Girls Bravo - Tome 1

Tôkyô Girls Bravo - Tome 1

En raison d’un dessin peu engageant, voici un titre à côté duquel je serais passé si je n’écoutais que moi. Intrigué par des avis unanimement positifs, voire dithyrambiques, et toujours à la recherche de nouvelles sensations de lectures, je me suis finalement laissé tenter. Sans regret.

Publié par Sakka, Tôkyô Girls Bravo est un manga en 2 volumes réalisé par Kyôko Okazaki. Il nous raconte l’histoire de Sakaé, une lycéenne indomptable et dynamique, au moment de son arrivée à Tokyo avec sa mère. Avide de mode et de musique, elle ne pense qu’à sortir et à rencontrer des personnes aussi branchées qu’elle, et cause bien des tourments à sa famille.

Débordant d’énergie et jamais à court d’idée pour nous amuser, Tôkyô Girls Bravo est tout à l’image de son héroïne. A travers ses personnages et les relations qui se nouent entre eux, l’oeuvre est un parfait manifeste de l’adolescence et souligne les envies, les rêves et les frustrations que l’on ressent à cette période de la vie. Le dessin, brouillon et maladroit en apparence, s’avère expressif et dynamique et correspond parfaitement à son impulsive héroïne.

Je Ne Suis Pas Mort

Je Ne Suis Pas Mort

Je Ne Suis Pas Mort

Le tournant tragique que prend la vie d’un salarié de 60 ans est au coeur de ce one-shot de Hiroshi Mitomiya, édité par Delcourt. Abandonné par sa femme et licencié à la veille de sa retraite, Kenzô Okada se retrouve sans argent et dans l’incapacité de trouver un nouvel emploi en raison de son âge et de ses difficultés à s’adapter aux outils de travail modernes. Traité comme un moins que rien, il décide, après un suicide raté, de finir ses jours en vivant par lui-même dans la nature.

Je Ne Suis Pas Mort est un récit poignant, habité par son personnage central qui donne le ton et l’impulsion à l’intrigue. Malgré quelques exagérations, la facilité avec laquelle il se retrouve du jour au lendemain démuni, sans rien, ni personne pour l’aider, fait froid dans le dos. On apprécie d’autant plus sa réaction et la force de caractère qu’il acquiert en survivant par lui-même. Sa nouvelle vie lui offre finalement plus qu’il n’aurait pu espérer et, à 60 ans, son épanouissement tardif apporte un rayon de lumière à un récit par ailleurs plutôt pessimiste.

L’Année Du Dragon

L'Année Du Dragon

L'Année Du Dragon

On quitte le manga avec cette bande dessinée signée Duprat et Vanyda. L’Année Du Dragon suit, pendant une année, le quotidien de Franck, un jeune adulte, à travers ses débuts en tant qu’animateur dans un centre aéré, ses amours et les difficultés que vit sa famille.

L’Année Du Dragon est une tranche de vie des plus convaincante. Des soirées entre amis aux réunions de famille, de nombreuses scènes sentent le vécu et évoqueront forcément quelque souvenir au lecteur. Le souci du détail donné aux lieux et aux gestes simples du quotidien apporte également beaucoup de crédibilité à l’oeuvre. Autant d’éléments qui nous parlent et nous font nous sentir concernés par l’histoire. Cette implication est renforcée par les personnages attachants, dont on apprécie les réactions et le comportement justes et naturels, ainsi que les dialogues qui sonnent vrais. Les visions fantasmées de la vie de Franck, dans lesquelles il se représente en dragon, apportent un peu de fantaisie au titre. Pour ne rien gâcher, le dessin est extrêmement plaisant.

Bien que lisant peu de bandes dessinées, L’Année Du Dragon m’a beaucoup plu. Ce n’est qu’une demi-surprise car j’avais déjà apprécié L’immeuble d’en face, Celle que je ne suis pas et Celle que je voudrais être, trois autres titres de Vanyda.

3 commentaires

Rukawa

Le 28 décembre 2009 à 3 h 16 min

Papa Told Me est une oeuvre excellente mais dommage que la politique éditoriale de Kana ne soit pas à la hauteur comme le choix très maladroit des chapitre.
Une des maladresse est par exemple qu’on entre dans le vif du sujet, comme si on connaissait directement les personnages. Dans le chapitre 2 qui est en fait le Xième, rien ne nous explique le lien qu’elle a avec la dame qu’elle a au telephone par exemple. Faudra quelques chapitres plus tard pour comprendre qu’elle est sa tante. Alors que le dialogue est d’un tel naturel.
Heureusement aussi que ya écrit sur la jaquette que Chiise est elevée par son papa depuis que sa maman est morte, sinon, on ne comprendrait encore moins à l’histoire.

Je ne suis pas mort/mada ikiteru j’ai également beaucoup apprecié également. Dommage que ce ne soit qu’un one shot.

Il est amusant de constater qu’aucune politique commerciale n’a été fait en disant que ces manga étaient dessinés par des mangaka ultra renommé au Japon.

David

Le 29 décembre 2009 à 10 h 45 min

Tes remarques sont très justes. Concernant Papa Told Me, j’avoue toutefois que l’ordre des chapitres ne m’a pas posé de problème particulier et ne m’a pas empêché de me plonger dans l’oeuvre. Pour la tante de Chisé, effectivement, on ne devine pas tout de suite son lien avec la fillette. Mais leur conversation m’avait fait comprendre qu’elle était une proche de la famille et cela m’avait suffi sur le moment. Cependant, une présentation des personnages en début ou en fin de volume (peut-être est-elle présente dans le volume 2 que je n’ai pas encore lu) aurait été un plus non négligeable pour atténuer cet inconvénient.

Pour le choix des chapitres, je crois qu’il n’est pas du fait de Kana et qu’il provient de la version japonaise. L’éditeur français avait le choix entre une version complète de 27 tomes (je crois) et le « best-of » en 3 volumes. En raison du potentiel commercial relativement faible de l’oeuvre, Kana a choisi de publier la deuxième édition et a repris les chapitres tels qu’ils étaient présents dedans.

Mang'Impressions » 2009 : Une année de lectures de mangas

Le 29 décembre 2009 à 16 h 39 min

[…] propos « Heureuses découvertes de Noël  […]

Ajouter un commentaire