Mang'Impressions : Chroniques de lectures de mangas

Fate Stay Night tome 1

Ecrit par David le 22 novembre 2009
Fate Stay Night tome 1

Fate Stay Night tome 1

En dépit des apparences, Shirô Emiya n’est pas un lycéen comme les autres. Ce qui le différencie, ce n’est ni le bon samaritain, toujours prêt à aider les autres, qu’il est, ni son souhait de devenir un justicier. C’est son passé douloureux qui en fait un être à part. Plus jeune, il a perdu ses parents au cours d’un incendie ravageur et a été sauvé, puis adopté, par Kiritsugu Emiya. Ce dernier, aujourd’hui décédé, prétendait être un magicien et un défenseur de la justice. C’est de lui que Shirô tient ses quelques pouvoirs. Ceux-ci lui permettent de renforcer la matière, pouvant par exemple rendre un simple journal aussi résistant qu’une barre de fer.
Un soir, le garçon voit deux hommes étranges s’affronter dans un combat à mort. Cherchant à s’éclipser discrètement, Shirô se fait remarquer et est pris en chasse par l’un des guerriers. A peine a-t-il le temps de se retourner qu’il subit une blessure mortelle. Ce qui aurait dû être sa fin marque en fait le début d’une nouvelle vie pour lui, ainsi que sa participation en tant que maître magicien à une lutte opposant 7 personnes, et leurs servants, pour la conquête du Saint-Graal. Serait-ce pour lui l’occasion de s’accomplir enfin et de devenir un héros ?

Publié par Pika Edition, Fate Stay Night est, en quelque sorte, le successeur de Tsukihime, un manga de Sasakishonen édité en France par Ki-oon. Effectivement, tous deux sont issus de jeux vidéo de type « visual novel » créés par le studio Type-Moon. Ces jeux sont des mangas interactifs qui, à la manière des livres dont on est le héros, permettent au joueur de décider de ses répliques dans les dialogues et d’influer sur le déroulement des événements. Dans les 2 cas, le jeu initial a donné naissance à de multiples produits dérivés, tels qu’une série animée, d’autres jeux vidéo ou un manga. Par ces multiples facettes, il s’agit de licences phares pour les otakus nippons, qui ont adhéré massivement et en ont assuré le succès.
En France, hormis un jeu vidéo de combat dédié à Fate Stay Night (Fate/Unlimited Codes sur PSP), le manga constitue la seule incursion des travaux de Type-Moon.

A défaut d’être révolutionnaire, le premier volume de Fate Stay Night constitue une entrée en matière efficace. Dès les premières pages, on est en terrain connu. Le récit débute en effet sous le signe de la comédie lycéenne et, avec Shirô, se centre sur une figure classique du manga pour garçons. La mise en place de l’intrigue du manga nous permet d’entrer rapidement dans le vif du sujet et de ne pas trop nous appesantir sur les clichés qu’il contient. Les premières confrontations musclées ne tardent pas à arriver, de même que la rencontre de Shirô avec ses premiers rivaux, qu’ils soient des alliés temporaires ou des adversaires. Grâce à une pause au milieu du volume, on prend connaissance du pourquoi du comment de la lutte à laquelle il est amené à prendre part.
Le dessin de Dat Nishiwaki est à l’image de son scénario, simple, classique et agréable malgré quelques maladresses. En outre, Fate Stay Night bénéficie d’une narration fluide qui assure une lecture facile et permet d’entrer facilement dans son histoire.

Entre un dessin agréable mais hésitant, et un récit fantastique à l’entame on ne peut plus convenue, les débuts de Fate Stay Night ressemblent à ceux de Tsukihime (même si celui-ci s’avérait d’emblée plus audacieux). De par son illustre parenté, on attend beaucoup de ce titre, notamment en ce qui concerne les relations entre les 2 personnages principaux et les ramifications d’un scénario qu’on espère bien ficelé et plus alambiqué que les apparences ne le laissent penser. Ces deux aspects sont en effet les points forts de Tsukihime, et en font un titre passionnant et intrigant.
En ce qui concerne Fate Stay Night, il est à espérer que son scénario ne se résumera pas à une succession de combats et qu’il se complexifiera au fur et à mesure. Une histoire à l’apparente simplicité trompeuse, agrémentée de quelques secrets se dessinant peu à peu en arrière-plan, apporterait davantage de profondeur au manga. Nous verrons également par la suite comment se développera la relation entre Shirô et Saber.

Malgré des débuts conventionnels, le premier volume Fate Stay Night assure l’essentiel en proposant une intrigue rythmée et riche en action. Le deuxième volume nous indiquera si l’oeuvre donne raison à ceux qui lui auront fait confiance et si elle confirme les quelques promesses que l’on décèle en elle. Sa sortie est prévue pour le mois de janvier 2010.
Pour conclure, je placerais juste une réserve sur la traduction du manga qui ne me semble pas irréprochable avec, en point d’orgue, le dialogue sans queue ni tête de la page 116 (lorsqu’on en arrive au point où l’on cherche et devine ce que les personnages se disent vraiment, c’est que quelque chose cloche).

Ajouter un commentaire