Mang'Impressions : Chroniques de lectures de mangas

Fruits Basket tomes 1 à 23

Ecrit par David le 25 octobre 2009
Fruits Basket tome 23

Fruits Basket

Plus d’un mois sans nouveau billet. On aurait pu croire ce blog abandonné, et quelque part, c’était le cas. Néanmoins, je reviens aujourd’hui pour vous parler, non pas d’une nouveauté, mais d’un classique, un « best-seller » dont la réputation n’est plus à faire : Fruits Basket. S’il est parfois de bon ton de dénigrer les succès populaires, je ne m’amuserai pas à cela avec ce titre que je place sans hésiter parmi mes incontournables du manga.

Extrêmement complet, Fruits Basket voit Natsuki Takaya, son auteure, mêler vie quotidienne, humour, romance et drame avec une aisance et une réussite indéniables. Son scénario, maîtrisé et réfléchi, nous donne l’impression d’être entre de bonnes mains, celles d’une mangaka qui sait ce qu’elle fait et où elle va. Ainsi, très tôt dans le récit, des événements ou des personnages sont évoqués, mais ne se dévoileront que bien des volumes plus tard. De plus, l’histoire du manga suit son cours, de manière logique, à son rythme, sans accélération, ni délayage, et avance tranquillement vers son dénouement. L’oeuvre ne connaît pas de baisse de régime et conserve ses qualités tout au long des 23 volumes qui la composent.
L’intrigue de Fruits Basket repose entièrement sur ses nombreux personnages qui, chacun à leur tour, sont mis en lumière. Un chapitre du manga est ainsi généralement centré sur un protagoniste qui en est le narrateur et nous expose ses pensées. Natsuki Takaya en profite alors pour nous dévoiler sa vie et nous faire comprendre les raisons de son comportement et du malaise dont il souffre. En effet, la plupart des personnages dissimulent un passé douloureux qu’ils n’ont pas encore su surmonter et qui influence leur manière d’être au quotidien. Par le biais d’analepses plus ou moins longues, nous découvrons des drames humains du quotidien, loin du sensationnel et du spectaculaire. La malédiction de la famille Sôma, au coeur de l’intrigue de Fruits Basket, ne sert finalement que de prétexte pour mettre en scène des enfants rongés par la solitude et conditionnés dès leur plus jeune âge par le comportement de leurs proches à leur égard.
Entre introspections et réactions spontanées, la grande force de Fruits Basket, c’est le talent avec lequel Natsuki Takaya parvient à mettre en scène les états d’âme de ses personnages, ainsi que les changements qu’ils connaissent, petit à petit. On se prend rapidement d’affection pour tous les acteurs du manga, qui nous touchent par leur courage, leur volonté et leur générosité.
S’il accorde beaucoup de place au drame et à la souffrance, Fruits Basket ne sombre pas pour autant dans l’excès de déprime et de mélancolie. Natsuki Takaya équilibre son manga avec la chaleur de ses personnages, et avec beaucoup d’humour. On apprécie ainsi l’exubérance d’Ayame, de Saki (et ses fameuses ondes) ou de Shigure dont les interventions, et les réactions qu’elles provoquent, amusent beaucoup. Mention particulière au chapitre « A peu près Cendrillon », culte, hilarant et subtil par sa distribution des rôles à contre-emploi et par sa façon de mélanger la réalité avec la fiction.

Fruits Basket va droit au coeur et procure de nombreuses émotions au lecteur, des rires comme des larmes. Si l’oeuvre souffle le chaud et le froid quant aux rapports humains qu’elle place au centre de ses enjeux, on en ressort malgré tout avec le sourire grâce à la chaleur qui se dégage de ses personnages et des liens qui les unissent. Un incontournable ? Pour moi, oui, très clairement.

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