Mang'Impressions : Chroniques de lectures de mangas

Mirai Nikki tomes 1 et 2

Ecrit par David le 28 juin 2009
Couverture du tome 1 de Mirai Nikki

Mirai Nikki tome 1

Collégien solitaire, Yukiteru Amano passe l’essentiel de son temps à tenir son journal, sur son téléphone mobile. Un jour, Deus Ex Machina, une entité qu’il pensait être issue de son imagination, le convie à participer à un jeu impliquant douze personnes de sa ville. Il se voit confier un chronographe, objet identique à son journal, qui annonce les événements à venir. A l’aide de celui-ci, Yukiteru doit survivre à une course contre la mort. Le dernier survivant du jeu gagnera le droit de remplacer Deux Ex Machina et de devenir dieu de l’espace et du temps (rien que ça !). Ignorant l’identité des autres participants, Yukiteru se retrouve alors au coeur d’une chasse à l’homme, dont il est l’une des cibles.

Mirai Nikki est un nouveau titre des éditions Sakka dont les deux premiers volumes sont sortis simultanément en juin. Signé Sakae Esuno, il compte 8 volumes au Japon et se poursuit. Dès l’annonce de sa sortie il y a quelques mois, Mirai Nikki m’avait intrigué par son synopsis prometteur. Les jolies couvertures, les quelques échos positifs qui ont suivi son annonce et, plus récemment, l’article élogieux d’AnimeLand (le titre a été désigné « Manga du mois » dans le numéro de juin du magazine) ont achevé de me convaincre de le lire.

Loin de ces mangas qui mettent un temps fou à démarrer et à tenir leurs promesses, Mirai Nikki commence fort. Dès le premier tome, le scénario mouvementé enchaîne les rebondissements et ne laisse pas au lecteur le temps de souffler. Les rares moments d’accalmie sont mis à profit pour présenter les personnages ainsi que les règles du jeu auquel ils participent. L’auteur joue beaucoup sur le suspense puisqu’il s’agit d’identifier rapidement les participants du jeu, ainsi que leurs intentions. Comme Yukiteru, le lecteur en vient rapidement à douter de tous les personnages qui l’entourent. Subtils et stratégiques, les affrontements sont basés sur les chronographes, qui annoncent les prochains coups de l’adversaire et permettent de les éviter. Toutefois, chaque chronographe a son mode de fonctionnement propre et peut avantager ou gêner son possesseur selon la situation.
Autre point intéressant de Mirai Nikki : son personnage principal. S’il flirte avec certains clichés du manga (le personnage introverti et indécis), Yukiteru s’avère plutôt pathétique et détestable avec sa manie de profiter sans cesse des autres pour éviter le danger, quitte à leur mentir et à les envoyer au « casse-pipe ». S’il ne fait aucun doute que le manga le verra évoluer au fil du temps sur ce point, son caractère réaliste change des idéalistes qu’on a l’habitude de voir dans le manga. Sa principale alliée, Yuno Gasaï, amoureuse de lui, est un personnage tout en contraste. Mignonne et charmante à souhait, elle cache une facette inquiétante et n’hésite pas à tuer pour protéger Yukiteru.
Bien que très enthousiaste sur Mirai Nikki, j’émets tout de même deux réserves quant à la qualité générale du titre. Son dessin, malgré un style agréable, présente quelques maladresses, au niveau des visages notamment. Néanmoins, l’auteur s’améliore rapidement et sa narration sans faille offre une lecture fluide qui fait rapidement oublier ce souci. Un peu plus gênant, le manga souffre d’exagérations importantes, qui nuisent à son réalisme et à l’implication du lecteur dans son intrigue. A l’exception de Yukiteru, les personnages sont peut-être tous un peu trop psychopathes et certains de leurs talents ou actions apparaissent hors-propos tant ils sont fantaisistes.

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